Category: Pollution

Pollution chimique sur la RN20 : ultime soubresaut de l’incapacité des autorités à protéger la population?

Un camion transportant des milliers de litres de produits chimiques dangereux a pris feu sur la RN20, au coeur de Linas, mercredi soir. L’embrasement d’une voiture à proximité aurait déclenché l’incendie du poids lourd qui contenait 1200 litres d’ammoniaque, 4000 litres d’acide sulfurique. de l’isopropanol, des l’acides fluorhydriques, et de l’acide chlorhydrique.

Ces produits chimiques, dont certains étaient très inflammables, ont émis pendant des heures des vapeurs toxiques, des milliers de litres se sont également répandus dans les cours d’eau avoisinants (l’Orge) et à travers les bouches d’égouts qui avaient fondu sous la chaleur. On ne voit dorénavant plus du sinistre qu’une large bande de terre retournée à proximité du restaurant Courtepaille, les pompiers ayant été obligés de retirer des tonnes de terre contaminée et de remblayer ensuite le trou.

Ce nouvel accident met encore une fois en lumière les dangers courus par la population, en particuliers par les résidants les plus proches de la RN20.

Quels sont les dangers des produits chimiques ainsi répandus?

- L’ammoniaque est  très volatil quand il est concentré, le gaz libéré (l’ammoniac) est extrêmement irritant et peut provoquer de vives douleurs. De plus, son mélange avec l’iode peut présenter des caractères explosifs. C’est un produit corrosif et qui porte atteinte à l’environnament.

- L‘acide sulfurique est plus connu sous le nom de vitriol. Pur, il se présente sous la forme d’un liquide visqueux, incolore et inodore. En brulant à 337°C,  il libére du trioxyde de soufre et à température plus élevée qui était celle de l’incendie il se transforme en dioxyde de soufre (SO2), un gaz incolore, dense et toxique, dont l’inhalation est fortement irritante. Le dioxyde de soufre provoque un danger pour la santé dans lors de son inhalation, de son ingestion ou lors du contact avec la peau et les muqueuses. La pollution atmosphérique par le SO2 jouerait aussi un rôle dans l’apparition de ces réactions d’intolérance. De plus, les sujets asthmatiques sont beaucoup plus sensibles que la moyenne des gens. Il est mutagène. C’est le dioxyde de souffre qui, le mercredi 22 juin 2011, suite à un problème technique lors de la fermeture d’une vanne à la raffinerie de Feyzin, intoxiqua de nombreuses personnes dans la Banlieue Lyonnaise.

- L’isopropanol, ou alcool isopropylique est un composé chimique inflammable et irritant. Il doit être maintenu loin de la chaleur et de toute flamme. Les symptômes de l’empoisonnement à l’isopropanol se traduisent par des maux de tête, vertiges, dépression mentale ,nausées, vomissements, narcolepsie et coma.

-L’acide fluorhydrique est une solution aqueuse très corrosive et toxique de fluorure d’hydrogène. C’est un produit extrèmment toxique : inhalé, ses vapeurs peuvent être mortelles, en provoquant la corrosion des voies aériennes. En cas de contact, il peut provoquer de très graves brulures, passe la barrière cutanée pour atteindre les os, le sang et détruire le coeur. Il peut rendre aveugle en cas de contact avec les yeux.
- L’acide chlorydrique est très utilisé dans l’industrie chimique. Il eu des utilisation comme arme de destruction au cours de la première guerre mondiale, L’acide chlorhydrique est en partie responsable des effets du gaz moutarde. En présence d’eau, par exemple à la surface des yeux ou dans les poumons, le gaz moutarde réagit en formant de l’acide chlorhydrique.
Questions :
1) De nombreux camions stationnent sur les voies de sortie ou d’entrée de la RN20 ou tout au bord en toute illégalité. Mais comme personne n’intervient, cette situation s’aggrave. On en voit les conséquences dramatiques aujourd’hui. Ces conséquences auraient pu être prévenues si élus et responsables locaux chargés du maintien de l’ordre, dont le premier d’entre eux est le préfet, faisaient le travail pour lequel ils sont rémunérés par nos impôts. Quand l’incompétence se double d’incapacité, les habitants en payent les conséquences. Les nombreux décès et accidents sur la RN20 en témoignent. Cet incendie révèle à ceux qui l’ignoraient à quel point aucune loi n’est respecté sur cet axe : et pourtant, même le ministre des transport qui a depuis plusieurs mois les moyens de changer les choses, en toute connaissance de cause, n’agit absolument pas. A quand une révolte citoyenne?
2) Quel sera le suivi médical des habitants proches? Il ne faut pas croire que parce que l’incendie est terminé, il ne peut pas il y avoir de conséquences sur la santé humaine.
3) Quel seront les conséquences sur l’environnement?
4) Le préfet réagira t-il en interdisant le stationnement des poids lourds? Interdira t-il la traversée de nos ville par des bombes chimiques sur roues?
Ainsi, en plus de la pollution par le bruit, par les gaz d’échappement des poids lourds et automobiles en surnombres, en plus des accidents à répétitions, de l’absence de protections latérales pour les piétons, et de tant d’autres problèmes, il faut dorénavant compter également avec le risque de pollution chimique. Espérons que le steak que le chauffeur dégustait probablement au Courte paille fut bien cuit.

Source

Essonne : alerte chimique sur la N 20

Incendie d’un camion de produits chimiques sur la N 20 à Linas

Les riverains de la N 20 sont à bout

Le diesel est très dangereux pour le coeur

Alors que la pollution des villes par les microparticules augmente, de plus en plus d’habitants finissent à l’hôpital suite à un infarctus ou à une mort subite” écrit le Pr Nino Künzli, cardiologue, dans un éditorial de l’European Heart Journal accompagnant cette nouvelle étude. C’est l’une des conclusion des recherches de plus en plus importantes en nombre menées sur la qualité de l’air : annuellement plus de 2000 articles médicaux sont publiés sur le sujet soit 10 fois plus qu’il y a 20 ans. Récemment, une étude démontrait par exemple que le risque d’infarctus du myocarde était multiplié par 3 dès la première heure d’exposition à un trafic automobile intense. Il est aujourd’hui avéré que la pollution de l’air, en particulier par les microparticules de taille inférieur à 2.5 μm, augmentent le nombre d’hospitalisations pour angine de poitrine, pour infarctus du coeur, pour insuffisance cardiaque, et qu’une exposition prolongée augmente les décès par maladie coronaire.

Une des conséquences de ces recherches a été la reconnaissance de normes légales de la pollution de l’air en microparticules (celles de taille supérieures à 10 μm (PM10) ou à 2.5 μm (PM2.5)), en ozone, en dioxyde de souffre, en dioxyde d’azote et autres. L’objectif premier de la fixation de ces limites est de réduire leur impact négatif sur la santé humaine. Lorsqu’elles sont respectées, ces limitation de la pollution de l’air sont efficaces, malheureusement qui tente de les faire respecter?

Des chercheurs de l’université d’Edinbourg ont mesuré l’impact des fumées produits par les véhicules diesels sur des volontaires sains, à des niveaux qui sont ceux retrouvés dans les villes. Ils ont étudié l’effet du monoxyde d’azote, du dioxyde d’azote ainsi que des microparticules émises par la combustion incomplète du diesel. Ces microparticules sont invisibles à l’oeil nu.

Les scientifiques ont d’abord comparé l’impact des fumées telles qu’elles sont produites aujourd’hui par les véhicules diesel et les camions, puis ont fait la comparaison avec les mêmes fumées mais filtrées par un dispositif bloquant les microparticules.

Le premier impact est une augmentation très importante de la pression artérielle avec 7 mmHg de différence entre les deux tests: les sujets sains soumis aux pollutions diesel non filtrées ont une pression artérielle qui atteint 145 mmHg, un chiffre qui caractérise une hypertension artérielle et fait prescrire à un médecin un médicament antihypertenseur destiné à abaisser cette pression artérielle. En fait, les mécanismes naturels de contrôle des artères qui permettent habituellement de lutter contre cette augmentation de pression sont bloqués par les microparticules.

L’auteur principal de l’étude explique que si la majorité des gens pensent que la pollution de l’air peut altèrer leur poumons et leur respiration, très peu imaginent l’impact dramatique de cette polllution sur leurs vaisseaux sanguins et sur leur coeur : ”Notre étude démontre que si les gaz d’échappement augmentent la pression artérielle, ce sont les microparticules qui sont encore les plus dangereuses. Ces microparticules produisent des radicaux libres qui détruisent les vaisseaux et provoquent une maladie des artères”, à la source des maladies cardiovasculaires comme l’infarctus et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour le Professor Jeremy Pearson, Directeur Médical de la Fondation Britanique pour le Coeur, qui a financé l’étude, “Des vies pourraient être sauvées en réduisant ces microparticules des gaz d’échappement“.

Si les auteurs recommandent aux personnes déjà atteints d’une maladie cardiovasculaire d’éviter les zones polluées, ce conseil est évidemment difficile à suivre. D’autres moyens doivent être mis en oeuvre. Il devient difficilement compréhensible que le carburant diesel reste à un prix sponsorisé par l’état alors qu’il génère un empoisonnement collectif et généralisé provoquant de multiples pathologies cardiaques et pulmonaires. Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès en France.

Les plus gros pollueurs, les poids lourds devraient être tenus à l’écart des villes tant que leur carburant n’a pas évolué ou que les véhicules ne sont pas équipés de filtres efficaces.

Source

From bench to policies: ready for a nanoparticle air quality standard?
Nino Künzli
Eur Heart J (2011)doi: 10.1093/eurheartj/ehr200 First published online: July 13, 2011

Combustion-derived nanoparticulate induces the adverse vascular effects of diesel exhaust inhalation
Nicholas L. Mills, Mark R. Miller, Andrew J. Lucking,Jon Beveridge1,Laura Flint1,A. John F. Boere,Paul H. Fokkens, Nicholas A. Boon, Thomas Sandstrom, Anders Blomberg, Rodger Duffin, Ken Donaldson, Patrick W.F. Hadoke1, Flemming R. Cassee, David E. Newby
Eur Heart J (2011)doi: 10.1093/eurheartj/ehr195First published online: July 13, 2011

Crédit Photo Creative Common by zigazou76

La pollution automobile touche fortement les bébés en poussette

Le mois dernier, l’Institut de Veille Sanitaire (INVS) rendait publique les résultats de l’étude « Aphekom », démontrant, que les microparticules PM 2,5 émises par les véhicules roulant au diesel sont à l’origine de 15 % des asthmes chez l’enfant (pour ceux habitant où étant dans une école à 150 mètre d’une voie où passent 10 000 voitures par jour; ce sont plus de 70 000 véhicules qui transitent chaque jour sur la RN20!). Aucun commentaire politique n’a accompagné cette publication témoignant du refus des femmes et hommes politiques à évoquer les désastres de l’automobile. Il est facile de communiquer sur l’arrêt des gaz de schistes, moins sur les décès causés par la pollution automobile. Létude « Aphekom » concluait qu’en réduisant l’émisson de ces microparticules, 29 000 vies pourraient être sauvées. L’intoxication  des enfants débute très tôt, en fait dès l’âge de la poussette, placée à une hauteur où stagne les pollutions automobiles.

L’Association Santé France Environnement a voulu confirmer cet effet sur les bébés dans la vie réelle. L’objectif était de « faire une photograohie » permettant d’observer ce que respire un bébé lorsqu’il est promené dans la rue. L’étude a été réalisée dans les rues d’Aix en Provence. Deux poussettes ont été équipées de capteurs de microparticules PM 2,5 qui ont suivi les parcours type de parents déposant leurs enfants à l’école et au collège le matin, puis les récupérant le soir. Les deux poussettes ont parcouru en simultané le jeudi 10 mars entre 08h00 et 10h00 et entre 17h00 et 19h00 deux parcours dans deux quartiers différents de la ville – l’un réputé plus aisé que l’autre.

«De nombreuses études scientifiques ont montré que les enfants étant exposés aux pollutions automobiles, et notamment aux microparticules développaient plus facilement asthme, infections ORL et allergies respiratoires. Or, en poussette nos enfants sont aux premières loges pour inhaler les pots d’échappement des véhicules forts nombreux à Aix-en-Provence où les transports collectifs sont sous-développés… » affirme le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’Association Santé Environnement France.

Les résultats :

Pour les microparticules, PM 2,5, les élus français n’ont toujours pas trouvé le temps de voter une réglementation. L’Union européenne a fixé son objectif de qualité à 20μg/m3 en moyenne sur l’année. Le Grenelle de l’environnement souhaitait arriver 15μg/m3. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande, elle, une valeur de 10 μg/m3. Sur les deux parcours, matin comme soir, les taux ne sont quasiment jamais inférieurs à 20 μg/m3 comme le montrent les courbes de receuil. Le matin vers 8h30 les taux sont 5 à 6 fois supérieurs aux taux recommandé par l’OMS. Peu importe le lieu de vie, tout le monde respire allégrement des microparticules 2,5! Peu importe le niveau de vie, tous les enfants sont pollués de la même façon. Par endroit, les taux relevés sont de 2 à 6 fois supérieur à l’objectif de qualité de l’OMS.

Mais les microparticules ne détruisent pas que les enfants : elles sont reconnues comme cancérigènes, mais elles ont de nombreuses autres incidences sur la santé, elles favorisent entre autres, l’asthme, les infections ORL, les rhumes et grippes, l’hypersensibilité aux allergènes alimentaires , la maladie coronaire,  l’infarctus du myocarde (risque multiplié par 3), l’obstruction des artères carotides (+4.1% obstruction / 10 μg/m3), le risque d’événements cardio-vasculaires (+ 24% / 10μg/m3), le risque d’Accident Vasculaire Cérébral (+35 % en zone de forte densité routière), le risque de prématurité et e faible poids de naissance.

Cette pollution tuera cette année plus que les radiations de Fukushima, que fait-on pour les éviter?

Source

Bébé ou conduire, il va falloir choisir ! Dossier de presse Mars 2011

Selon l’Institut National de Veille Sanitaire, lutter contre la pollution des diesels en ville pourrait sauver 25 000 vies par an

Selon une étude menée pendant 3 ans par l’Institut National de Veille Sanitaire, renforçer la lutte contre les particules fines issue des véhicules diesels, pourrait sauver 19.000 vies par an dans 25 grandes villes européennes dont neuf françaises. Le projet Aphekom* mené dans 12 pays européens par plus de 60 scientifiques, a rendu aujourd’hui public les résultats de trois années de travaux sur les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique en Europe. Les conclusions de ce projet sont claires :

-  Diminuer davantage les niveaux de particules fines dans l’air des villes européennes entraînerait un bénéfice non négligeable en termes d’augmentation de l’espérance de vie et de réduction des coûts pour la santé ;
- Habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement la morbidité attribuable à la pollution atmosphérique.

Les particules fines PM2,5 proviennent essentiellement de la combustion du fuel, du bois ou du charbon et sont émises par des industries et des véhicules diesels. En France, le deuxième Plan national santé environnement (PNSE2) 2009-13 a fixé pour les PM2,5 un seuil de 15 µg/m3, valeur guide à partir de 2010 et obligatoire à partir de 2015, représentant une baisse de 30% par rapport aux niveaux de 2009. Ce plan est non seulement déjà dépassé mais n’est en fait pas appliqué. Avez vous vu le moindre changement sur la RN20?

La pollution aux particules fines a un impact sur l’espérance de vie et les dépenses de santé : Eviter 19.000 décès par an, dont 15.000 des suites de maladies cardiovasculaires, a été calculés en prenant l’hypothèse que les niveaux moyens annuels de particules fines PM2,5 (dont le diamètre est inférieur à 2,5µm) seraient ramenés au seuil de 10 µg/m3 : atteindre un tel objectif de réduction de ces polluants augmenterait jusqu’à 22 mois la durée de vie des personnes âgées de 30 ans et plus ; 10 µg/m3 est la valeur guide préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et qui n’est absolument pas respectée dans notre pays. Par ailleurs, le respect des 10 µg/m3 dans les 25 villes européennes économiserait 31,5 milliards d’euros, en améliorant l’espérance de vie, en réduisant les dépenses de santé et l’absentéisme.

Habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement la morbidité attribuable à la pollution atmosphérique :

Aphekom a montré qu’habiter à proximité du trafic routier est un facteur majorant dans le développement de pathologies chroniques. Il a été estimé notamment que dans certaines villes polluées le fait d’habiter à proximité du trafic routier, en moyenne à 150 mètres de routes où circulent 10.000 véhicules ou plus par jour, pourrait être responsable d’environ 15 % à 30% des asthmes de l’enfant. On pourrait retrouver des proportions similaires ou plus élevées de pathologies chroniques respiratoires et cardio-vasculaires fréquentes chez les adultes de 65 ans et plus habitant à proximité du trafic. Au total, pour ces villes, le coût associé à ces impacts s’élèverait à environ 300 millions d’euros chaque année.

Informer pour agir : l’objectif ultime du projet Aphekom
Le projet Aphekom met ses résultats et ses outils à disposition des décideurs politiques pour les aider à formuler des politiques locales, nationales et européennes plus efficaces. Il apporte des éléments aux professionnels de santé pour mieux conseiller les personnes vulnérables, ainsi qu’à l’ensemble des citoyens afin qu’ils puissent mieux protéger leur santé. Notre ministre de l’environnement et des transports, Madame Kosciusko-Morizet lira t-elle les conclusions de ce projet et agira t-elle enfin?

Source

Aphekom apporte un nouvel éclairage sur les effets sanitaires etéconomiques de la pollution urbaine en Europe
Institut National de Veille Sanitaire  2 mars 2011

www.aphekom.org et www.invs.sante.fr

Programme Aphekom

Summary report of the Aphekom project 2008-2011

Les enfants dont l’école est proche d’une route à fort trafic routier ont 45% de risques supplémentaires de souffrir d’un asthme

Cette nouvelle étude qui lie le risque d’asthme chez l’enfant à la pollution générée par le trafic routier met en évidence que le risque d’asthme est aussi important lorsque l’exposition à la pollution a lieu à l’école que lorsqu’elle à lieu au domicile de l’enfant, alors même que l’enfant ne passe qu’un tiers de son temps dans son école. Les enfants dont les écoles sont localisées à proximité d’une route à fort trafic ont 45% plus de risque de développer un asthme, même si leur domicile est situé en pleine campagne. L’article est publiée dans la revue médicale  Environmental Health Perspectives.

L’asthme est une souffrance respiratoire bien connue chez les enfants des pays industrialisés dont la survenue a été liée à des facteurs environnementaux tels que la pollution liée au trafic automobile.

“Alors que les conséquences de la densité du trafic automobile à proximité des lieux d’habitations a été reconnue comme un facteur déclenchant de l’asthme chez l’enfant, il  n’y avait encore eu que peu d’études menées sur la pollution à proximité des école et le risque de survenue d’un asthme chez les écoliers” explique l’auteur de l’étude, le docteur Rob McConnell,  “L’exposition à la pollution automobile en dehors du domicile des enfants, en particulier là où les enfants passent une grande partie de leur journée, font du sport, apparaît dorénavant également comme un risque majeur de survenue d’un asthme“.

L’étude a été menée auprès de 2497 enfants âgés de 6 à 7 ans, et n’ayant pas d’asthme lors du début de l’étude. L’étude à durée 3 ans. Les scientifiques ont mesuré précisément la pollution automobile à proximité des domiciles de chaque enfants et des écoles qu’ils fréquentaient. L’évaluation de la pollution à tenue compte du volume du trafic routier, de la distance séparant les écoles des routes à fort trafic et des conditions météorologiques. La quantité d’ozone, de dioxyde d’azote (NO2) et des particules émises par les moteurs à combustion (PM 10, PM 2,5) ont été mesuré de manière continue. Cela a ainsi permis de rechercher un lien entre la pollution et la survenue d’asthme chez le jeune enfant.

Durant l’étude 120 enfants, soit 5%, ont développé un asthme nouveau. Le risque de développer un asthme est équivalent au domicile et à l’école,  et il est proportionnel au temps passé au domicile et à l’école. Le risque est augmenté de +51% au domicile et de +45% à l’école, une différence non significative montrant donc un risque comparable entre les deux lieux.  Le taux de dioxyde d’azote est particulièrement coupable avec une augmentation du risque moyen de +218% et variant de +118 à +401% entre les endroits les moins pollués et les endroits les plus pollués.

Bien que les enfants passent moins de temps à l’école, les activités physiques qu’ils y réalisent, augmentant la ventilation pulmonaire, augmentent d’autant les doses de polluants pénétrant les poumons explique le Dr McConnell. Par ailleurs une étude précédente avait noté l’importance de la concentration des particules polluantes dans les salles de classes (La route pollue aussi dans les salles de classe“)

Aux Etats-Unis, une loi interdit la construction d’écoles, de campus ou de stades de sport à proximité des routes à fort trafic routier, pourtant cette loi n’est malheureusement pas toujours respectée. “Il est important de comprendre comment agissent ces micro-environnements au sein desquels les enfants passent une grande partie de leur temps. Des lois doivent réduire l’exposition à la pollution du trafic routier afin de prévenir les maladies que cette pollution engendre” ajoute encore le Dr McConnell.

Plusieurs écoles sont localisées à proximité de la RN20 comme par exemple l’école du Sacré-Coeur à Montlhéry (Photo), située à moins de 100 mètres de la pollution générée par la RN20. AIRPARIF a démontré que le taux de dioxyde d’azote y est deux fois plus élevé que la limite supérieure tolérée. De nombreux enfants doivent donc devenir asthmatiques à cause de la pollution générée par un trafic routier non régulé le long de la RN20. Qu’attendent les élus pour réagir à cette situation?

Source

Childhood Incident Asthma and Traffic-Related Air Pollution at Home and School
McConnell et al.
Environmental Health Perspectives, 2010

La pollution automobile augmente la mortalité des personnes ayant fait un accident vasculaire cérébral

La pollution de l’air, produite en majorité par les automobiles et les camions, augmente la mortalité des patients ayant souffert préalablement d’un accident vasculaire cérébral, démontre une étude menée en Angleterre.

Les médecins de l’university of Sheffield ont suivi un nombre important de patients, exactement  3320 hommes et femmes vivant dans le sud de Londres ete qui avaient eu un accident vasculaire cérébral entre 1995 et 2005. Ils ont utilisée les mesures de polluants automobiles, le dioxyde d’azote et les particules fines, en majorité relargué par les moteurs diesels, qui sont inhalées favorisant les difficultés respiratoires et d’autres problèmes cardio-respiratoires.

L’étude, publiée dans la revue Stroke (qui signifie accident vasculaire cérébral en anglais), apporte des résultats qui une fois de plus montre l’empoisonnement urbain grandissant produit par les gaz d’échappement automobile et la nécessité d’une régulations, ou au moins du respect des règlementation adoptées en Europe.

Les résultats démontrent en effet une augmentation de 28% de la motalité quand le dioxyde d’azote atteint 10 microgrammes par mètre cube. L’augmentation de la concentration en particules fines augmente le risque de décès de 52%.

Ce sont les zones urbaines qui possèdent des routes à fort débit qui produisent cette pollution. Dans ces zones, au cours de l’étude 975 des 1659 patient y vivant sont décédés contre 881 sur 1658 dans les zones où ces routes à fort débit et donc à pollution élevée n’existent pas. Et ce risque reste persistant, même en prenant en compte tous les autrse facteurs de risques tels que l’âge, le sexe, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’hypertension artérielle, les maladies cardiaques et le diabète.

Une réduction de seulement 10% de la pollution épargnerait 22% des décès expliquent encore les auteurs. Quand les hommes et femmes politiques en charge de la région prendront enfin les mesures qui s’imposent? Le risque est connu, ses conséquences aussi. Comment appelle t-on l’inaction à ce niveau?

Source

Impact of Outdoor Air Pollution on Survival After Stroke. Population-Based Cohort Study
Ravi Maheswaran MD*; Tim Pearson MSc; Nigel C. Smeeton MSc; Sean D. Beevers MSc; Michael J. Campbell PhD; and Charles D. Wolfe
SROKE Published Online on March 25, 2010

Le Comité Nationale 20 lance une campagne de sensibilisation aux dangers de la RN20

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Pollutions, camions, accidents de la route, mise en dangers des piétons, la Route Nationale 20 reste un danger persistant au coeur des villes qu’elle traverse. Pour rassembler les habitants de ces cités, le Comité Nationale 20 lance une opération citoyenne de prévention avec un slogan “Protégeons-nous, Ensemble changeons la RN20″ pour que cesse cette “mise en danger d’autrui” permanente.

La RN20, sur le tronçon Longjumeau-Linas, ce sont 3000 poids-lourds par jour sur une voie pourtant interdite aux plus de 3,5 tonnes, ce sont en plus 60 000 véhicules qui font de Montlhéry par exemple, une des villes les plus polluées d’Ile-de-France. La pollution atmosphérique atteint des sommets : le benzène, un cancérigène, atteint sur la RN20 son taux le plus élevé d’Ile-de-France, le dioxyde d’azote culmine à des valeurs doubles de celle légalement autorisée.

C’est en informant tous les habitants de ces villes traversées par la RN20 que le Comité Nationale 20 espère qu’un rassemblement suffisamment important permette de sensibiliser les élus, aujourd’hui  grands absents face aux dangers qui menace la population.

Le Comité Nationale 20 a participé à une émission de télévision qui sera diffusée sur France 5 dans l’émission Global Mag le 02 novembre 2010 à 13h30 et visible encore ne semaine après sa première diffusion sur internet.

Le Comité Nationale 20 a demandé le soutien de la Prévention Routière et du Ministère de l’Ecologie.

Un autocollant (cf photo) sera distribué aux habitants, commerçants, et artisants qui ainsi, pourront témoigner de leur soutien au projet “Protégeons-nous, Ensemble changeons la RN20″.

La pollution de l’air augmente les arrêts cardiaques mortels

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Une étude menée dans la ville de New-York démontre que les fines particules présentes dans l’air, essentiellement à cause de la pollution, favorisent la survenue d’arrêts cardiaques mortels.

“Dès que le niveau de ces particules augmentent, le nombre d’arrêts cardiaques augmente” explique le Docteur Robert A. Silverman, auteur de cette étude. Plusieurs études ont relié la pollution de l’air avec la survenue de maladies cardiovasculaires, d’infarctus du myocarde, d’asthme et de pathologies pulmonaires chroniques.

L’objectif de cette nouvelle étude était de déterminer si les fines particules produites par la combustion des moteurs de voitures et des centrales au charbon augmentent le risque de mort subite. 300 000 personnes décèdent de mort subite chaque année aux Etats-Unis, entre 30 000 et 50 000 en France.

Lorsqu’un arrêt cardiaque survient en dehors d’un hôpital, seulement 8% des malades survivent. Les scientifiques ont analysé les données de 8 216 arrêts cardiaques survenus à New-York entre 2002 et 2006.

Lorsqu’ils ont corrélé la survenue de ces arrêts cardiaques avec le niveau de pollution et en particulier avec le niveau de particules fines (dénommées 2,5 ppm), les scientifiques retrouvent que le risque d’arrêt cardiaque augmente de 4% à 10% pour chaque augmentation de particules fines de 10 microgrammes par m3.

Le risque est plus élevé dès que les températures montent. L’effet de la pollution est le même chez l’homme et chez la femme. Les autres polluants n’intervenaient pas sur ce risque d’arrêt cardiaque.

Etre confiné à l’intérieur d’un bâtiment n’offre qu’une protection limitée car ces particules pénètrent dans les immeubles et les maisons” explique Silverman. Ce qu’il faut retenir, c’est que “plus il y a de pollution, plus il y a d’arrêts cardiaques avec une très petite chance de survie”.

“Contrôler la pollution de l’air est une méthode prophylactique simple permettant de réduire la mortalité cardiaque” explique encore Silverman. Il faut aussi noter que les taux recommandés de taux de particules (35 microgrammes/m3) sont rarement dépassés au cours des mesures analysés dans l’étude, ce qui démontre que ces taux ne protègent pas la santé humaine“, conclue le Dr Silverman.

Source

Association of Ambient Fine Particles With Out-of-Hospital Cardiac Arrests in New York City
Robert A. Silverman, Kazuhiko Ito, John Freese, Brad J. Kaufman,Danilynn De Claro, James Braun, David J. Prezant
American Journal of epidemiology (2010) First published online: August 20, 2010

La pollution automobile augmente le risque d’accident vasculaire cérébral

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L’effet de la pollution de l’air sur l’incidence des accidents vasculaires cérébraux n’a jamais été regardé de près. Certaines études montrait bien un effet à court terme de la pollution sur le risque d’AVC mais l’effet de la pollution à long terme n’a jamais été évalué. Cette étude réalisée à Edmonton, une ville du Nord du Canada a donc réalisé un suivi pendant 4 années.

La pollution atmosphérique liées aux usines, aux automobiles et en général à l’activité humaine augmente l’incidence de nombreuses pathologies humaines. Elle augmente les pathologies respiratoires, les pathologies cardiaques. Des scientifiques Canadiens appartenant à la “Air Health Effects Division”, ont évalué à partir des registres de survenue des AVC, si les variations de la qualité de l’air influençait le nombre d’AVC. La qualité de l’air était fournie par des station fixes. Le risque d’AVC a ensuite été ajusté aux effets de l’âge, de sexe, de revenus socio-économiques et d’autres facteurs.

Les auteurs ont retrouvé 7300 hospitalisations pour accident vasculiare cérébral et ont référencé chaque patient par rapport à son lieu d’habitation et donc par rapport à un niveau de pollution. La concentration de dioxyde d’azote (NO2) et de monoxyde de carbone est effectivement associé à une augmentation de 46% de risque d’accident vasculaire cérébral hémorragique et de +36% d’accidents vasculaires cérébraux ischémiques. Ces résultats ne sont pas modifiés par l’existence d’une hypertension, d’un indice de masse corporelle élevé, ou d’un tabagisme. En revanche l’ajustement en fonction du niveau socio-économique  et de la déprivation les réduit, montrant que la pauvreté est un facteur aggravant important. Les habitants de Edmonton qui vivent dans les zones les plus touchées par un trafic automobile congestionné sont très à risque. Encore une fois, la pollution liée à l’automobile est impliquée dans une altération majeure de la santé humaine.

Encore une fois, les habitants des villes bordant la nationale 20 devraient bénéficier d’une réduction de la circulation afin de réduire les incidences de pathologies locales

Source

Ecological Analysis of Long-Term Exposure to Ambient Air Pollution and the Incidence of Stroke in Edmonton, Alberta, Canada
Julie Y.M. Johnson, Brian H. Rowe, Paul J. Villeneuve
Stroke. 2010;41:1319-1325 Published online before print June 10, 2010

Crédit Photo Creative Commons by Fin Fahey

La route pollue aussi dans les salles de classe

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Si des évidences scientifiques de plus en plus nombreuses semblent témoigner de l’augmentation de la fréquence de l’asthme à proximité des routes à trafic dense, certaines preuves manquent encore. En particulier, les lieux où les enfants passent une grande partie de leur journée comme l’école, ne sont pas systématiquement associées aux lieux d’habitations des enfants dans les études recherchant un lien entre asthme et pollution automobile. Cependant, deux études Néerlandaises, qui ont examiné ce problème, ont montré une fréquence très élevé des troubles respiratoires chez les enfants dont les écoles sont situées à proximité de routes à fort trafic, en particulier de poids lourds.

Cette nouvelle étude a été menée pour évaluer chez l’enfant, les effets de la pollution automobile, à leur domicile et dans leur école, sur leur santé respiratoire et plus particulièrement sur les risques d’asthme.

Les divers polluants liés au trafic automobile ont été mesurés et quantifiés à la fois au domicile des enfants et dans leurs salles de classes. Les enfants passent 21% de leur temps à l’école. Les taux de dioxyde d’azote (NO2), d’ozone (O3), de particules fines, PM10 et PM2,5 , ont été mesurés en continu tout au long de l’étude. Les lieux de résidences et les écoles ont été géocodés et les distances avec les routes, les routes à traffic dense, et les autoroutes, mesurées. La densité du trafic sur ces voies routières fut régulièrement enregistrée.

2497 enfants de 6 ans ou moins, n’ayant pas d’asthme ni aucun symptôme respiratoire au début de l’étude, ont été suivis par l’équipe de scientifiques pendant 3 années.

Pendant la durée de l’étude, 120 nouveaux cas d’asthme ont été diagnostiqués chez ces enfants.

Au sein d’une ville, un taux de dioxyde d’azote supérieur à 23.6 ppb multiplie par plus de deux (+117%) le risque d’asthme. Le taux de pollution lié au trafic automobile est très élevé le matin au sein même des écoles en particulier durant l’hiver. Le risque d’asthme est d’autant plus grand pour les enfants, que les routes sont proches de leur domicile, et que la densité de véhicules sur ces routes est élevée. La météorologie joue également un rôle en facilitant, en l’absence de vent, du fait de la stagnation des polluants.

Les résultats de cette étude démontrent que les enfants exposés à un niveau de pollution lié au trafic automobile élevé à l’école et à la maison, ont un risque accru de develloper une asthme. Cette exposition est un problème de santé publique que les responsables devraient prendre en compte réellement et mener les actions nécessaires à sa réduction.

L’asthme touche aujourd’hui 7% à 10% des enfants en France et la tendance est à l’augmentation forte en particulier au sein des villes. N’oublions pas que l’asthme n’est pas une banale maladie respiratoire mais que l’asthme peut tuer. Chaque années des milliers d’enfants décèdent de complications asthmatiques en France et dans les autres pays.

Source

Childhood Incident Asthma and Traffic-related air Pollution at home and school
Rob McConnell, Talat Islam, Ketan Shankardass, Michael Jerrett, Fred Lurmann, Frank Gilliland, Jim Gauderman, Ed Avol, Nino Kuenzli, Ling Yao, John Peters, Kiros Berhane
Environ Health Perspect doi:10.1289/ehp.0901232

Crédit Photo Creative Commons by Stéphane SOULAT

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