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Selon l’Institut National de Veille Sanitaire, lutter contre la pollution des diesels en ville pourrait sauver 25 000 vies par an

Selon une étude menée pendant 3 ans par l’Institut National de Veille Sanitaire, renforçer la lutte contre les particules fines issue des véhicules diesels, pourrait sauver 19.000 vies par an dans 25 grandes villes européennes dont neuf françaises. Le projet Aphekom* mené dans 12 pays européens par plus de 60 scientifiques, a rendu aujourd’hui public les résultats de trois années de travaux sur les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique en Europe. Les conclusions de ce projet sont claires :

-  Diminuer davantage les niveaux de particules fines dans l’air des villes européennes entraînerait un bénéfice non négligeable en termes d’augmentation de l’espérance de vie et de réduction des coûts pour la santé ;
- Habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement la morbidité attribuable à la pollution atmosphérique.

Les particules fines PM2,5 proviennent essentiellement de la combustion du fuel, du bois ou du charbon et sont émises par des industries et des véhicules diesels. En France, le deuxième Plan national santé environnement (PNSE2) 2009-13 a fixé pour les PM2,5 un seuil de 15 µg/m3, valeur guide à partir de 2010 et obligatoire à partir de 2015, représentant une baisse de 30% par rapport aux niveaux de 2009. Ce plan est non seulement déjà dépassé mais n’est en fait pas appliqué. Avez vous vu le moindre changement sur la RN20?

La pollution aux particules fines a un impact sur l’espérance de vie et les dépenses de santé : Eviter 19.000 décès par an, dont 15.000 des suites de maladies cardiovasculaires, a été calculés en prenant l’hypothèse que les niveaux moyens annuels de particules fines PM2,5 (dont le diamètre est inférieur à 2,5µm) seraient ramenés au seuil de 10 µg/m3 : atteindre un tel objectif de réduction de ces polluants augmenterait jusqu’à 22 mois la durée de vie des personnes âgées de 30 ans et plus ; 10 µg/m3 est la valeur guide préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et qui n’est absolument pas respectée dans notre pays. Par ailleurs, le respect des 10 µg/m3 dans les 25 villes européennes économiserait 31,5 milliards d’euros, en améliorant l’espérance de vie, en réduisant les dépenses de santé et l’absentéisme.

Habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement la morbidité attribuable à la pollution atmosphérique :

Aphekom a montré qu’habiter à proximité du trafic routier est un facteur majorant dans le développement de pathologies chroniques. Il a été estimé notamment que dans certaines villes polluées le fait d’habiter à proximité du trafic routier, en moyenne à 150 mètres de routes où circulent 10.000 véhicules ou plus par jour, pourrait être responsable d’environ 15 % à 30% des asthmes de l’enfant. On pourrait retrouver des proportions similaires ou plus élevées de pathologies chroniques respiratoires et cardio-vasculaires fréquentes chez les adultes de 65 ans et plus habitant à proximité du trafic. Au total, pour ces villes, le coût associé à ces impacts s’élèverait à environ 300 millions d’euros chaque année.

Informer pour agir : l’objectif ultime du projet Aphekom
Le projet Aphekom met ses résultats et ses outils à disposition des décideurs politiques pour les aider à formuler des politiques locales, nationales et européennes plus efficaces. Il apporte des éléments aux professionnels de santé pour mieux conseiller les personnes vulnérables, ainsi qu’à l’ensemble des citoyens afin qu’ils puissent mieux protéger leur santé. Notre ministre de l’environnement et des transports, Madame Kosciusko-Morizet lira t-elle les conclusions de ce projet et agira t-elle enfin?

Source

Aphekom apporte un nouvel éclairage sur les effets sanitaires etéconomiques de la pollution urbaine en Europe
Institut National de Veille Sanitaire  2 mars 2011

www.aphekom.org et www.invs.sante.fr

Programme Aphekom

Summary report of the Aphekom project 2008-2011

Les enfants dont l’école est proche d’une route à fort trafic routier ont 45% de risques supplémentaires de souffrir d’un asthme

Cette nouvelle étude qui lie le risque d’asthme chez l’enfant à la pollution générée par le trafic routier met en évidence que le risque d’asthme est aussi important lorsque l’exposition à la pollution a lieu à l’école que lorsqu’elle à lieu au domicile de l’enfant, alors même que l’enfant ne passe qu’un tiers de son temps dans son école. Les enfants dont les écoles sont localisées à proximité d’une route à fort trafic ont 45% plus de risque de développer un asthme, même si leur domicile est situé en pleine campagne. L’article est publiée dans la revue médicale  Environmental Health Perspectives.

L’asthme est une souffrance respiratoire bien connue chez les enfants des pays industrialisés dont la survenue a été liée à des facteurs environnementaux tels que la pollution liée au trafic automobile.

“Alors que les conséquences de la densité du trafic automobile à proximité des lieux d’habitations a été reconnue comme un facteur déclenchant de l’asthme chez l’enfant, il  n’y avait encore eu que peu d’études menées sur la pollution à proximité des école et le risque de survenue d’un asthme chez les écoliers” explique l’auteur de l’étude, le docteur Rob McConnell,  “L’exposition à la pollution automobile en dehors du domicile des enfants, en particulier là où les enfants passent une grande partie de leur journée, font du sport, apparaît dorénavant également comme un risque majeur de survenue d’un asthme“.

L’étude a été menée auprès de 2497 enfants âgés de 6 à 7 ans, et n’ayant pas d’asthme lors du début de l’étude. L’étude à durée 3 ans. Les scientifiques ont mesuré précisément la pollution automobile à proximité des domiciles de chaque enfants et des écoles qu’ils fréquentaient. L’évaluation de la pollution à tenue compte du volume du trafic routier, de la distance séparant les écoles des routes à fort trafic et des conditions météorologiques. La quantité d’ozone, de dioxyde d’azote (NO2) et des particules émises par les moteurs à combustion (PM 10, PM 2,5) ont été mesuré de manière continue. Cela a ainsi permis de rechercher un lien entre la pollution et la survenue d’asthme chez le jeune enfant.

Durant l’étude 120 enfants, soit 5%, ont développé un asthme nouveau. Le risque de développer un asthme est équivalent au domicile et à l’école,  et il est proportionnel au temps passé au domicile et à l’école. Le risque est augmenté de +51% au domicile et de +45% à l’école, une différence non significative montrant donc un risque comparable entre les deux lieux.  Le taux de dioxyde d’azote est particulièrement coupable avec une augmentation du risque moyen de +218% et variant de +118 à +401% entre les endroits les moins pollués et les endroits les plus pollués.

Bien que les enfants passent moins de temps à l’école, les activités physiques qu’ils y réalisent, augmentant la ventilation pulmonaire, augmentent d’autant les doses de polluants pénétrant les poumons explique le Dr McConnell. Par ailleurs une étude précédente avait noté l’importance de la concentration des particules polluantes dans les salles de classes (La route pollue aussi dans les salles de classe“)

Aux Etats-Unis, une loi interdit la construction d’écoles, de campus ou de stades de sport à proximité des routes à fort trafic routier, pourtant cette loi n’est malheureusement pas toujours respectée. “Il est important de comprendre comment agissent ces micro-environnements au sein desquels les enfants passent une grande partie de leur temps. Des lois doivent réduire l’exposition à la pollution du trafic routier afin de prévenir les maladies que cette pollution engendre” ajoute encore le Dr McConnell.

Plusieurs écoles sont localisées à proximité de la RN20 comme par exemple l’école du Sacré-Coeur à Montlhéry (Photo), située à moins de 100 mètres de la pollution générée par la RN20. AIRPARIF a démontré que le taux de dioxyde d’azote y est deux fois plus élevé que la limite supérieure tolérée. De nombreux enfants doivent donc devenir asthmatiques à cause de la pollution générée par un trafic routier non régulé le long de la RN20. Qu’attendent les élus pour réagir à cette situation?

Source

Childhood Incident Asthma and Traffic-Related Air Pollution at Home and School
McConnell et al.
Environmental Health Perspectives, 2010

La route pollue aussi dans les salles de classe

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Si des évidences scientifiques de plus en plus nombreuses semblent témoigner de l’augmentation de la fréquence de l’asthme à proximité des routes à trafic dense, certaines preuves manquent encore. En particulier, les lieux où les enfants passent une grande partie de leur journée comme l’école, ne sont pas systématiquement associées aux lieux d’habitations des enfants dans les études recherchant un lien entre asthme et pollution automobile. Cependant, deux études Néerlandaises, qui ont examiné ce problème, ont montré une fréquence très élevé des troubles respiratoires chez les enfants dont les écoles sont situées à proximité de routes à fort trafic, en particulier de poids lourds.

Cette nouvelle étude a été menée pour évaluer chez l’enfant, les effets de la pollution automobile, à leur domicile et dans leur école, sur leur santé respiratoire et plus particulièrement sur les risques d’asthme.

Les divers polluants liés au trafic automobile ont été mesurés et quantifiés à la fois au domicile des enfants et dans leurs salles de classes. Les enfants passent 21% de leur temps à l’école. Les taux de dioxyde d’azote (NO2), d’ozone (O3), de particules fines, PM10 et PM2,5 , ont été mesurés en continu tout au long de l’étude. Les lieux de résidences et les écoles ont été géocodés et les distances avec les routes, les routes à traffic dense, et les autoroutes, mesurées. La densité du trafic sur ces voies routières fut régulièrement enregistrée.

2497 enfants de 6 ans ou moins, n’ayant pas d’asthme ni aucun symptôme respiratoire au début de l’étude, ont été suivis par l’équipe de scientifiques pendant 3 années.

Pendant la durée de l’étude, 120 nouveaux cas d’asthme ont été diagnostiqués chez ces enfants.

Au sein d’une ville, un taux de dioxyde d’azote supérieur à 23.6 ppb multiplie par plus de deux (+117%) le risque d’asthme. Le taux de pollution lié au trafic automobile est très élevé le matin au sein même des écoles en particulier durant l’hiver. Le risque d’asthme est d’autant plus grand pour les enfants, que les routes sont proches de leur domicile, et que la densité de véhicules sur ces routes est élevée. La météorologie joue également un rôle en facilitant, en l’absence de vent, du fait de la stagnation des polluants.

Les résultats de cette étude démontrent que les enfants exposés à un niveau de pollution lié au trafic automobile élevé à l’école et à la maison, ont un risque accru de develloper une asthme. Cette exposition est un problème de santé publique que les responsables devraient prendre en compte réellement et mener les actions nécessaires à sa réduction.

L’asthme touche aujourd’hui 7% à 10% des enfants en France et la tendance est à l’augmentation forte en particulier au sein des villes. N’oublions pas que l’asthme n’est pas une banale maladie respiratoire mais que l’asthme peut tuer. Chaque années des milliers d’enfants décèdent de complications asthmatiques en France et dans les autres pays.

Source

Childhood Incident Asthma and Traffic-related air Pollution at home and school
Rob McConnell, Talat Islam, Ketan Shankardass, Michael Jerrett, Fred Lurmann, Frank Gilliland, Jim Gauderman, Ed Avol, Nino Kuenzli, Ling Yao, John Peters, Kiros Berhane
Environ Health Perspect doi:10.1289/ehp.0901232

Crédit Photo Creative Commons by Stéphane SOULAT

La pollution altère directement la respiration de nos enfants

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Les enfants exposés à un air pollué ont plus de risque de déclencher une bronchiolite.

Il y a eu jusqu’ici relativement peu d’études visant à évaluer l’impact de la pollution de l’air dès les premiers stades de la vie. Cette étude a d’unique que les auteurs ont pu évaluer l’impact de la fumée issue de bois brûlé dans des environnements où l’air est très pur.

Les chercheurs ont ainsi analysé 12 000 cas de bronchiolites entre 1999 et 2002, évaluant les taux de monoxyde d’azote, de dioxyde d’azote, de monoxyde de carbone et de dioxyde de soufre auxquels ont été exposés les enfants.

Les enfants ont été divisés en 4 groupes en fonction de leur exposition à ces polluants.

Les investigateurs de l’étude ont montré un lien direct entre l’exposition à ces substances et la survenue de bronchiolite.

L’étude a montré une augmentation statistiquement non significative du risque de bronchiolite chez un enfant vivant à 50 mètres d’une autoroute.

La pollution concerne des millions d’enfants. Or les polluants étudiés sont présents partout !

Réduire la pollution atmosphérique permettrait de réduire la survenue de bronchiolites.

Selon le Dr Karr, l’un des auteurs de l’étude, le corps médical a également un rôle de sensibilisation des parents aux risques liés à la pollution.

Lutter pour un changement de la RN20, c’est aussi vouloir assurer aux enfants vivant à proximité une réduction des maladies pulmonaires qu’elle engendre; bronchiolite, asthme, toux surinfection pulmonaire…Attention, les adultes ne sont pas épargnés non plus…

Source

Influence of Ambient Air Pollutant Sources on Clinical Encounters for Infant Bronchiolitis
Catherine J Karr, Paul A Demers, Mieke W Koehoorn, Cornel C Lencar, Lillian Tamburic, and Michael Brauer
Am. J. Respir. Crit. Care Med. 2009; published ahead of print on August 27, 2009 as doi:10.1164/rccm.200901-0117OC.

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